mercredi, 23 mai 2018
ArabicEnglishFrenchHindiItalianSpanishTurkish
A LA UNE: L’INSECURITE CHRONIQUE AU SAHEL
Avec plusieurs incidents armés ces derniers jours. lire plus
CONSEIL DE L'ENTENTE  : LES CINQ PAYS MEMBRES ADOPTENT UN NOUVEAU PLAN STRATEGIQUE
Les ministres des Affaires étrangères des Etats membres du Conseil de l'Entente ont pu doter l'institution d'un instrument qui devrait permettre sa redynamisation. En conseil vendredi dernier dans la capitale togolaise Lomé, les chefs de la diplomatie du Bénin, du... lire plus
LE NIGER A SAISI PRES DE 30 TONNES DE PRODUITS PHARMACEUTIQUES PROHIBES
La brigade de répression des produits illicites de la Police nigérienne a annoncé à la presse mardi à Niamey avoir intercepté 29 tonnes de produits pharmaceutiques prohibés au poste de Makalondi, dans l’ouest du pays, à la... lire plus
LA DIFFICILE RECONVERSION D’AGADEZ
Aladji Mama Ousmane, la cinquantaine, construit de ses mains un four traditionnel. lire plus
G5 SAHEL : POUR UNE PROSPERITE PARTAGEE
Bien qu’il désigne un « rivage » compris entre océan Atlantique et mer Rouge, le mot « Sahel » décrit aussi une zone d’Afrique de l’Ouest et du Centre comprise entre désert et savanes. lire plus
prev
next

Note utilisateur: 0 / 5

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 

« Trois femmes revenaient un jour des pâturages avec leurs chèvres. Il commençait à faire sombre car le soleil déclinait à l’horizon, et la température, très élevée dans la journée, était enfin redevenue agréable. Elles parlaient de leur vie quotidienne, de la vie dans cette région de montagne avec ses vallées encaissées, dans un des plus hauts massifs de l’Aïr ».

Ainsi débute un conte nigérien, qui pourrait raconter l’histoire des trois Filles de Illighadad, ce petit village de steppe, entre Tahoua et Agadez au Niger.

 Le début de ce récit traditionnel s'est transformé en véritable conte de fée pour les Filles de Illighadad. Il y a encore un an, Fatou Seidi Ghali, Alamnou Akrouni et Mariama Salah Assouan, cousines, s’occupaient des tâches ménagères, préparaient les repas, et chantaient entre elles en surveillant le bétail. Jusqu’à ce que leur groupe de musique touareg ne soit repéré par un label de musique saharienne, et qu’elles ne connaissent le succès en Europe.

Après leur premier concert en Suède en 2016, puis en Suisse, au Danemark, en Allemagne, et avant Madrid, en novembre 2017, deux des Filles se produisaient au "Hasard Ludique" une salle du nord de Paris (18e), avant de revenir au mois de mai 2018 dans la capitale française. Dans leur loge, les jeunes femmes d’une vingtaine d’années, emmitouflées dans leur doudoune au dessus de leurs vêtements traditionnels, pianotent sur leur téléphone portable. Les symboles d’une nouvelle vie au delà du Niger, dans le froid hivernal des villes occidentales.

Du takamba à la guitare acoustique

 « La musique a transformé nos vies. Nous n’avions jamais quitté notre village et nous ne pensions pas que nous aurions l’occasion de découvrir un jour autant de villes et de nouvelles choses », se réjouit Fatou Seidi Ghali, la fondatrice du groupe. C’est très jeune, que la Nigérienne apprend à jouer du takamba (luth à une corde). Puis son frère lui offre un jour une guitare acoustique, un instrument très peu pratiqué par des femmes et dont elle apprend à jouer en le regardant. Un cadeau qui va changer son destin.

  « Quand j’ai posté une vidéo de Fatou et des filles sur ma page Facebook, le producteur de Sahel Sounds pour lequel je travaille a beaucoup aimé et il est venu les voir. J’ai alors dû convaincre leur famille de les laisser créer leur album et de partir en tournée », raconte Ahmoudou Madassane, l’homme qui les accompagne sur scène, musicien lui aussi.

A Illighadad en effet, si depuis des générations les femmes jouent du tendé, un tambour fait d'une peau de chèvre tendue sur un mortier à mil, la guitare est un instrument réservé aux hommes. Leur départ vers l’Europe pour en faire carrière a  donc d’autant plus été mal vu par les anciens.

« Certains hommes sont jaloux de voir une fille qui joue de la guitare mais beaucoup encouragent aussi notre groupe », note Fatou Seidi Ghali.

Les jeunes femmes n’avaient pourtant aucune prétention. Elles chantaient seulement pour divertir les gens du village ou lors de fêtes de famille, alliant la guitare et le tendé.

Lalla Badi, un modèle pour les Filles de Illighadad

Leurs mélodies mêlent ainsi le blues et la musique traditionnelle touareg. Un genre très apprécié par le public européen, qui a été propulsé par le groupe malien Tinariwen, dès les années 1980.

Mais la doyenne de ce style musical est une femme de 80 ans, originaire de Tamanrasset dans le sud de l’Algérie, et s’appelle Lalla Badi. Musicienne et chanteuse experte en tendé, elle a participé à de nombreux festivals internationaux. Peu connue en Occident, elle est une icône au Sahara, considérée comme la gardienne des traditions touarègues. Elle inspire d’ailleurs beaucoup les Filles de Illighadad, notamment pour la poésie de ses chants, qui louent la nature, la faune, et apportent encouragements aux hommes partis combattre.

Des histoires de guerriers, de nostalgie, d'amour et de quotidien

Un art musical et ancestral que les Filles de Illighadad perpétuent dans leurs propres chansons, en évoquant elles aussi des histoires de guerriers, la nostalgie,  en parlant de l’amour et de leur quotidien. Mais elles délivrent également quelques messages sur la condition des femmes.

  « Dans notre village les filles se marient très tôt. Souvent elles ne vont pas à l’école. Avec l’argent que nous gagnons, nous avons décidé d’acheter du bétail pour agrandir le troupeau mais nous avons aussi pour projet d’ouvrir une école à Illighadad », confie la meneuse du groupe.

  Les filles de Illighadad ont sorti leur premier album à l'automne 2017, qu’elles  ont pu faire découvrir lors de la huitième édition du Festival international Taragalte au Maroc. Un événement culturel, qui mettait cette fois-ci en avant les artistes Africaines, en particulier celles issues du milieu saharien. Preuve que la modernité de la musique touarègue passe désormais par les femmes.

TV5 Monde

Articles récents

23/05/2018, 05:42
a-la-une-l-insecurite-chronique-au-sahel Avec plusieurs incidents armés ces derniers jours. Tout d’abord, au Mali, au moins 12 personnes ont...Lire plus...
23/05/2018, 05:40
conseil-de-l-entente-les-cinq-pays-membres-adoptent-un-nouveau-plan-strategique Les ministres des Affaires étrangères des Etats membres du Conseil de l'Entente ont pu doter l'institution...Lire plus...
23/05/2018, 05:33
le-niger-a-saisi-pres-de-30-tonnes-de-produits-pharmaceutiques-prohibes La brigade de répression des produits illicites de la Police nigérienne a annoncé à la presse...Lire plus...
23/05/2018, 05:30
la-difficile-reconversion-d-agadez Aladji Mama Ousmane, la cinquantaine, construit de ses mains un four traditionnel. Avant, il réceptionnait les...Lire plus...
22/05/2018, 15:01
g5-sahel-pour-une-prosperite-partagee Bien qu’il désigne un « rivage » compris entre océan Atlantique et mer Rouge, le mot...Lire plus...
COMMENT TROUVEZ-VOUS CE NOUVEAU SITE WEB?
  • Votes: (0%)
  • Votes: (0%)
  • Votes: (0%)
  • Votes: (0%)
  • Votes: (0%)
Total des votes:
Premier vote:
Dernier vote: